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Année 2005 thème: Les Sens Premier prix: Anne Riocreux (France)sans titre
Si mes yeux aveuglés Ne voient plus ta beauté Il me reste ta voix, Il me reste ta peau, Il me reste tes lèvres, Il me reste ton corps. Si mon ouïe émoussée Te fait sembler muet Il me reste ta peau, Il me reste tes lèvres, Il me reste ton corps. Si mon nez oubliait Ta douceur parfumée Il me reste tes lèvres, Il me reste ton corps. Si ma bouche oubliait Le goût de ton palais Il me reste ton corps. Mais si je ne sens plus La chaleur de tes hanches, La moiteur de ton ventre, La rondeur de tes joues, La courbe de tes pieds, La force de tes bras, Tout le poids de ton corps? Sans lui je suis une âme. Deuxième prix: Stéphanie Guigue (France)"Plaisirs"
Le plaisir des sens, M'étreint le cœur, Respirant son essence, Le grand bonheur, Le plaisir des mots, Pour communiquer, Atténuer les maux, De notre humanité, Le plaisir d'aimer, Notre douce moitié, Pas une seule nuit, Mais toute la vie, Le plaisir de partager, Rien que des idées, De donner de soi, Ce que d'autres n'ont pas, Le plaisir est éphémère, Quelques secondes légères, Pour cueillir un bisou, Dans le creux de vos cous. Troisième prix: Patricia Le Marchand (France)"La Mort"
Cette absence de vie qu'on appelle la mort Ne serait-ce simplement que l'envers du décor Il y aurait des soleils, il y aurait des jardins Et les jours couleraient comme des lendemains Nous serions lumière et nous serions la vie Dansant et voguant par delà l'infini De nos corps décharnés nous aurions fait le deuil Et quitté à jamais la toile du linceul Regarde dans mes yeux, tu y verras mon âme Le dernier de mes souffles attisera la flamme Je serai près de toi bien plus que tu le crois Dans chacun de tes gestes et tes chemins de croix Écoute dans le silence cette voix en dedans Tu es riche de ça, habité et vivant Et si un jour tu meurs comme meurent les chiens Je viendrai te chercher, te montrer le chemin Quatrième prix: Aude Klein (Belgique)"Mon Sixième Sens"
Tu m'as montré le chemin, celui sans épines Pour que j'avance sans devoir courber l'échine Il n'y avait que toi, et toujours seule, tu domines Mon univers, mon cœur, mes joies et mes ruines Tu as ouvert mes yeux pour que je te voie Pour que je comprenne ce que tu n'avais pas compris Pour que je ne tombes pas dans les charnières de la vie Qui avaient blessé tes ailes et offert le désarroi Toucher ton cœur n'est pas caresser ta peau Si douce mais dont rien n'accède à l'écho Je ne pleure pas de te perdre plus chaque matin Je déchire mon être de ces sombres destins Je ne crois pas en Providence, je crois aux choix Que chacun pose, même s'il ne le sent pas Le destin n'est pas écrit, je refuse de lire les étoiles Mon âme choisit ton nid comme piédestal Mes sens me trompent plus qu'ils ne me guident Quand mes yeux cherchent en toi la colère aride Quand mes mains de marbre et mes mots en cendres Jamais n'entendent les récompenses qu'ils croient perfides Mon flair m'attire dans les tristes méprises De ne pas comprendre, de ne jamais apprendre Rugissent en moi ces dons que ton sang a encrés Au fond de l'antre de mon cœur sans pitié Ma plume n'est pas commune comme mon corps Si mes sens se perdent dans l'agonie du tort Elle, la sixième, la dernière me sauvera encore Grâce à elle, ta confiance retrouvée sera mon essor |
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