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Concours annuel de poésie francophone DIANA
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Année 2009
thème: La Liberté

Premier prix: Alain Henouille (Belgique)

"Liberté"


Tu es celle qui, jamais, nulle part, ne se donne,
Quand les soldats mitraillent et que les canons tonnent,
Tu regardes mourir les hommes et tu t'étonnes
De tout ce sang perdu quand la révolte sonne.

Tu restes alanguie, tu attends qu'on te prenne,
Sachant que ta conquête coûte beaucoup de peine;
Qu'il faut, pour te séduire, d'abord briser ces chaînes
Et laisser libre cours à la rage, la haine.

Il y a bien longtemps, tu étais si présente !
Chacun t'avait en lui. Tu étais une amante
Tendre et passionnée, et point trop exigeante.
Tu ne demandais rien, tu étais permanente.

Aujourd'hui, où es-tu ? On te cherche partout.
Tu as fui les tipis, les huttes, les igloos;
Plus personne ne sait ton parfum, ni ton goût.
Tu nous as tout donné. Pourquoi reprendre tout ?

Oh, je sais, tu vas dire que tu n'y es pour rien,
Que l'argent, le pouvoir, les honneurs, tous ces riens
T'ont chassé de nos cœurs sous le schlague et les chiens,
En tuant, au passage, les noirs et les Indiens.

Certains se sont levés pour te reconquérir.
Ils n'ont fait que pitié quand ils n'ont pas fait rire.
Chaque souffle nouveau, en fait, était bien pire
Et chaque lutte pour toi a son lot de martyrs.

Pour ta cause perdue, on remplit les prisons.
On fusille, dos au mur, ceux qui osent dire non.
On massacre des peuples, déporte des nations.
On lave des cerveaux pour qu'on oublie ton nom.

Tu restes indifférente, tu as déjà vu pire.
Tu sais que certains hommes aiment tant ton sourire
Qu'ils sont prêts à tuer, qu'ils sont prêts à mourir.
Si je ne t'aimais tant, je pourrais te haïr...

Deuxième prix: Pierre Smée (France)

"Vers (presque) libres"


Je nomme liberté le vol de l'oiseau-lyre
son mépris de la balle ignoble du chasseur
la porte de la cage ouverte et qui délivre
    ses soyeuses couleurs

je nomme liberté le poisson sous la vague
qui hante, familier des grandes profondeurs,
les sables silencieux que caressent les algues
    de leur froide douceur

je nomme liberté les chevaux des pampas
que leur galop enivre et qui boivent le vent
d'une ultime aventure où ne les atteint pas
    le lasso des brigands

je nomme liberté la femme mais rebelle
qui ne satisfont pas les fades paradis
dont l'amour est plus fort que les armes atroces
    des hommes pervertis

je nomme liberté les vers fous des poètes
qui n'entendent jamais ni rimes ni raison
mais qui rythment toujours, sur un tempo de fête,
    le refrain des chansons

je nomme liberté votre esprit qui se rit
des fausses certitudes que le temps confond
et qui mène la quête de sa vérité
au bruit des jours qui passent, vont et se défont

je nomme vérité le combat des plus faibles
ces orphelins errants de notre iniquité
et le sourd battement des rames clandestines
    vers notre liberté.

Troisième prix: Sarah Ghazli (France)

"Mais tu t'en vas..."


De l'Aube au Crépuscule, à travers l'horizon,
À la naissance du Monde, tu as donné un nom,
Quand sur la Terre les Hommes enfin sont apparus,
Un seul visage commun ils avaient retenu !

À travers les montagnes, les plaines et les vallées,
Au-delà des mers, et dans les airs, je t'ai cherché !
Inlassable et vaillant comme un astre de feu,
Qui pourrait s'enivrer de l'éclat de tes yeux ?

Partout où j'ai aperçu l'ombre de ta Gloire
Des cris se déchaînaient en quête de l'Espoir,
On a même érigé pour toi, pour ton Empire,
Des sculptures dressées à ton humble sourire.

Mais qui es-tu mon Effigie, ma Muse, mon Or ?
Pourquoi me quittes-tu quand je te cherche encore ?
J'entends ton nom siffler à travers des slogans !
Dans les vers des Lois, tu apparais en grand !

Toi qui es la Lumière qui bat au fond des cœurs...
Toi qui peux nous donner l'espoir, et le bonheur,
Pourquoi ne peut-on pas s'abreuver de ton eau ?
Ou s'abriter encore sous ton vaste manteau ?

Je devrais te maudire de ces larmes amères,
Quand en ton Nom se succèdent les Guerres !
Certains ont combattu pour toi, prisonniers,
Ils ont ouvert la voie aux autres, condamnés !

Mais ne parvenant pas à dompter mon courroux,
Je t'en supplierai chaque jour à genoux !
Je traverserai le Monde pour te retrouver
À la Vie, à la Mort, je t'aime "Ma Liberté" !

Quatrième prix: Guillaume Roussignol (France)

"Insaisissable liberté"


"Liberté qu'on dit belle, je t'ai cherchée partout.
J'ai quatre-vingt dix ans. Mes souliers sont minables,
Usés d'avoir tant marché vers nos faux rendez-vous;
Nos agendas sans doute étaient inconciliables."
Un bol ébréché fume au bout de la table.

"Dans ma vie dure et morne, je t'ai cherchée longtemps,
De mes jeunes ans verts à ma grise vieillesse,
Et mon mental s'est fané dans les couloirs du Temps
Sans que je t'y croise, divine enchanteresse."
La fumée du bol noir se dissout dans la pièce.

"Ô Liberté, n'aurais-tu donc d'autre existence
Dans ce monde, que celle de ton appellation ?
Sinon, comment peut-on expliquer la constance
Du désespoir des hommes devant tes abstentions ?"
Sur le coin de la table refroidit la potion.

"Saupoudré d'une once d'arsenic et de ciguë,
Je vais boire tantôt ce bol de belladone,
Apozème nécessaire au saut dans l'inconnu.
Mais avant que, céans, la vie je n'abandonne
Pour aller voir ailleurs si tu pourrais y être,
Si tant est qu'il me soit permis de le connaître,
Confie-moi, Liberté, le nom que Dieu te donne !..."

Cinquième prix: Jean-Paul Coutelier (Belgique)

"L'Œil"


L'Œil était l'éther, contemplant l'univers,
De ce regard sans âme, impavide et glacé
Que pose le seigneur, d'un destrier racé,
Sur le moindre des siens, en despote pervers.

De tout fait il jugeait, ignorant la clémence,
Condamnant sans recours au plus odieux destin
Chaque être qui aurait, de ce miroir sans tain
Contesté le désir, souveraine immanence.

Dardant ses noirs faisceaux sur une créature
À ses ordres rétive et clamant sa fierté
De vivre sans contraintes, en toute liberté,
Il voua aux enfers son humaine nature.

– De tes injustes lois, je suis las et, rebelle,
J'affirme haut et fort, lui lança l'effronté,
Qu'à dater de ce jour ton inhumanité
Pliera devant l'amour de l'enfant, de la belle.

Foudroyé par ces mots, le sombre inquisiteur
Disparut aussitôt dans l'absolu néant
De ses iniquités, car loin d'un Tout-puissant
Il n'était de ce serf que le reflet trompeur.

Sixième prix: Tristan Rolland (France)

"Toi, liberté des multitudes!"


Brise bleue des blancheurs où crépitent les rayons immortels,
Sirène des eaux tempétueuses où le flot se confond à l'azur,
Tu es la fille aux prunelles violettes battant les tyrans cruels
D'un vent doux et orageux pour l'âme hardie de l'aventure !

Chacun te pense comme un ange auroral, ailé de soleils
Qui tourbillonnent au pied de Cronos revêtu de platine,
On se fait animal pour te défendre, ô argentée merveille,
Et quand pour les prisons la nuit tombe, tu nous illumines

Des champs où voguent les astres jusqu'aux prairies denses
De nos campagnes sans luminosité. Mais qu'importe, ô folle
Enchanteresse vengeuse des purs, des exilés des opalescences
Qui déploient les oiseaux d'airain aux seins des roses corolles !

Tes défenseurs sont innombrables, des basses villes aux cités d'or
Où l'on marche sur les blondeurs satinées des brillances de l'avenir,
Où les rosiers se détachent du sol pour léviter aux airs multicolores
Et où le soir s'étend aux rouleaux nocturnes pour iriser nos soupirs.

Les ténèbres océanes cheminent vers les confins des cieux
Quand tes hymnes diamantées s'élèvent dans les pâleurs
Et tu extirpes les lumières du cosmos aux millions de lieux
Pour briller dans les songes archangéliques de nos cœurs.

Toi, vague des hauteurs où se mêlent les ruisseaux impétueux,
Tu aimes nos esprits et les éloignes des contrées martyrisées,
Moi j'aime penser qu'à l'aube rougeoyante de tes yeux somptueux
Tes flammes éternelles iront au-delà des paradis cristallisés !

Septième prix: Julie Gagné (Québec-Canada)

"Le vol du papillon"


Papillon du profond de son âme volage
Dans les premiers émois de la fleur de l'âge
D'un subtil bruissement d'ailes, charme
Tel a été son rêve, tel est son drâme

Dans la sombre solitude de son cocon
Il se sentait comme un sombre vermillon
Finalement, à la lumière de sa vie
En une langueur sans bruit, il s'est épanoui

Au cœur de la tiédeur de la matinée
Il a omit de se regarder, s'apprécier
Mouvant ses ailes avec souplesse et ardeur
Volant de toute sa candeur, loin de sa torpeur

Voltigeant entre les fleurs de l'innocence
Sans apercevoir l'éveil subtil des sens
De soupirants ne pouvant espérer d'histoire
Qui toutefois font violence pour y croire

Brusquement, on a tenté de l'enfermer
Furtivement s'est envolé, apeuré
Fuyant le bocal doré pour la liberté
En quête d'un papillon avec qui voler

Huitième prix: Didier Mauger (France)

"Libertés en marche"


Le poids de ton absence alourdit mon fardeau
  Il s'érige en non-sens ta présence est cadeau
    Baisers que tu envoies sont souffles silencieux
      Espace de tes voies lumière en demi-dieu
        Résonnance en ta voix appelle d'autres cieux
          Tu me manques à plein temps dès lors que tu t'éclipses
            En moi brèche s'étend de droites en ellipse

Lutte contre esclavage incite à transgression
  Ivresses de tout âge enchaînent leurs passions
    Barreaux sont à tordre lève-toi pastoureau !
      Et poussière à mordre pour les tristes bourreaux
        Rapace en désordre tire épée du fourreau !
          Trahison formentée rampe comme gangrène
            Exige liberté pour semer d'autres graines

Lunaire plume emprunte un chemin détourné
  Innocentes empreintes en pistes ravinées
    Barrières apparaissent tels grands filets de taille
      Enferment toute espèce étranglée dans leurs mailles
        Résistance se dresse appelant à bataille
          Tyrannies contre brave à l'âme libérée
            Etrillent par enclave un esprit torturé

Le verbe de ta chair invoque ta substance
  Imagine très chère une allègre insouciance
    Bruissent tes fins Zéphyrs au-delà de nos rêves
      Et miroitent saphirs aux écarlates sèves
        Ranimer peut suffire une flamme sans trêve
          Terrassant tes chaînons emprise est révolue
            Etendue de ton nom est réponse absolue

Prix spécial: Association Les 3 Lézards (France) et Margarita Van Der Borght
Chacun des poètes en herbe remporte une BD


"Une liberté" Léa (10 ans)


Ma liberté était comme une pierre précieuse
Ma liberté m'a fait larguer les amarres
Je pense à l'Amérique, à l'esclavage, j'ai un vertige.

"Ma liberté" Anne (10 ans)


J'étais emprisonnée
Puis je me suis échapée
De cette prison parfumée

Enfin libérée
Je sens le goût de la liberté

Enfin je peux rêver
Sur les chemins

Mes amis n'ont pas suivi
Et ils m'envient

"La liberté de penser" Olivier (11 ans)


La liberté, la liberté
La liberté de penser
La liberté de penser
Comme la rose des vents

Qui voulait rire
Dans mon cœur
Rempli de joie
La joie de penser

Qui se surpasse
Dans le vent des vents
C'est la liberté de penser
Oh oui ! La liberté de penser

Qui s'émerveille
Dans la joie, la joie
Oh oui la joie de penser
C'est cela la liberté !

"Liberté" Émeline (9 ans)


Une liberté qui est un rayon de lune
Je te garderai ma rose.

Combien coûte la vie ou la liberté ?
Je pense qu'elle coûte un sourire.

Ensemble nous jetons les cendres
Je te donne tout mon amour.

Mais ne te cache pas
Tu as trahi ton pays
Maintenant nous sommes perdus.

"Vouloir mourir" Raphaël (8 ans)


Pourquoi
Tu m'as sauvé la vie ?
Moi qui...
Voulais mourir

Des démons, des squelettes vivants,
Statue vivante et créature

Pourtant ce sont mes amis
(enfin presque)

J'ai rencontré ce maudit chemin
Aller ! je veux la liberté.

"Ma liberté" Ludovic (12 ans)


Ma liberté est comme une aventure
Ce n'est pas une prison
Je me suis enfui en voiture
À la vitesse du son.

Je ne reste pas dans mon pays
Je veux aller sur la lune
C'est cela ma liberté
C'est d'aller où je veux.

La liberté a besoin de vitamines
Ce n'est pas une gamine
J'ai quitté mon domicile
J'ai quitté ma petite ville.

La liberté ne ment jamais
Ce n'est pas une simulatrice
Ce n'est pas une usurpatrice
Elle a gagné ma confiance.

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